Vaïragya: je lâche prise

Savasana is the way

François

Il y a quelques jours, je vous parlais de la paire de chaussure du yogi. Aujourd’hui je voudrais échanger avec vous sur la deuxième chaussure: Vaïragya, le lâcher-prise.

Pendant mes premières années de pratique, c’était un concept qui m’était totalement étranger. Il faut dire que je viens d’une culture de l’action. Mon éducation, mes activités, toute ma vie était orientée vers l’agir. Il fut un temps où je pratiquais Freeletics, pour ceux qui connaissent. Je me sentais vivant, fort, et il faut l’avouer tendu et raide.

Vaïragya nous invite à accepter la vie telle qu’elle est maintenant. A accepter où nous en sommes, à accepter où nous sommes. Vaïragya nous invite à oublier les tensions et les crispations que nous nous infligeons pour les résultats de demain.

Alors notre énergie est libérée pour être efficace dans l’action d’aujourd’hui, dans l’action de maintenant. Le jour où j’ai décidé de donner une chance à Vaïragya, la qualité et la nature de mes progrès se sont, disons le modestement, accélérée. C’est à partir de ce moment que j’ai commencé à comprendre que la souplesse n’est pas une affaire d’étirements (uniquement), mais un lâcher des crispations. C’est là que je me suis rendu compte que la force n’est pas une affaire de répétition, mais de focalisation. Et petit à petit je me dis que l’endurance n’est pas une affaire de puissance surhumaine, mais de libre circulation de l’énergie. Et la bonne santé n’est pas (seulement) une affaire de médication, mais d’abord une affaire de préservation.

Ce qui m’a peut-être le plus aidé sur le -long- chemin du lâcher-prise, c’est probablement Savasana, la posture du cadavre, allongé sur le dos, immobile, abandonné à la gravité. Celle que les nourrissons pratiquent dans leur lit. Au début ça peut sembler étrange, mais là est la simple réalité: c’est quand je ne fais rien que mes capacités se déploient.

Depuis je me suis intéressé au système nerveux autonome, à la dominance sympathique et aux facteurs pro-parasympathiques. A la digestion, au système immunitaire, à mes hormones et à mes émotions. La réalité anatomique et médicale est sans appel: notre organisme a besoin de phase slow pour construire l’avenir.

Semblables à une graine qui n’a plus besoin de sa coque extérieure pour se protéger, nos forces vitales émergent et s’épanouissent.

Liz Koch

En cultivant l’attitude de Savasana, je me suis rendu compte petit à petit qu’elle se répercutait dans mes autres postures, dans mes autres activités. J’arrive même à toucher des chats. Charlotte vous confirmera que c’est un vrai miracle. C’est alors que de nouvelles possibilités s’ouvrent, jour après jour. La posture sur la photo s’appelle Purvotanasana, l’étirement de l’Est.

Judith Lasater a dit une fois: « Never miss a chance to do nothing ». Alors si vous pouvez, faites rien, pratiquez savasana. Votre organisme vous en remerciera. Bon allez, j’arrête de blablater. Juste, peut-être vous dire que c’est un truc mouse, important. Savasana a fait une telle différence dans ma pratique, que je pense que l’humanité, non l’univers, doit s’en saisir. En tout cas moi, je la visite régulièrement.

Comment on fait pour que la détente arrive? Pour ne pas s’engluer dans ses pensées? Pour que le corps se relaxe? Et qu’est ce qui se passe quand je ris ou quand je pleure? Et si…? Et ça….? Parce que Savasana a une technique à part entière, j’organise régulièrement des ateliers Restorative Yoga. Le prochain est prévu dimanche matin 20 janvier, si vous voulez cultiver le lâcher-prise.

Je vous laisse avec Pico Iyer

In an age of speed, nothing could be more invigorating than going slow. In an age of distraction, nothing can be more luxurious than paying attention. And in an age of constant movement, nothing is more urgent than sitting still.

Pico Iyer, The art of stillness

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