Poèmes, Prose et glose

Welcome! Il m’arrive d’écrire des mots ou d’être submergé par des idées. Alors je les note ici. Ca va de mes expériences dans la pratique à des réflexions terre à terre ou philosophiques, au choix. Il y a aussi quelques citations. Vos commentaires sont les bienvenus! Vous pouvez même partager…

Le temps de rien

Sur un transat au parc Saint-Pierre à Amiens

Semaine #4 de confinement. Comme beaucoup, mes obligations extérieures sont réduites au strict minimum. Et donc je suis censé avoir plus de temps, en théorie.

Sauf que! Je me rends compte que je m’active. Sans se presser, mais je m’active. Entretien, pratique, lecture, fifa avec le fiston, solfège avec la fillette, activités avec les deux, heure de sortie quotidienne (…dans la limite de 1km autour du domicile…), et bien sûr, ils veulent leur film le soir. Impossible de se coucher avant 23h30!

Un gars sympa a dit: « le travail éloigne de nous trois grands maux: l’ennui, le vice et le besoin ». Donc en quelque sorte, c’est important de garder du rythme dans nos journées, surtout pour nous qui vivons le confinement à la maison.

Cela dit, un autre gars sympa, un chat paraît-il, a dit aussi: « quand il n’y a rien à faire, il suffit de ne rien faire. Et tout est fait ». Celle-ci je l’adore. Elle m’a sauvé de la folie à une époque.

Le chat de Geluck. Quand il n'y a rien à faire.
Le Chat de Geluck

Au final, je crois que c’est sympa de nettoyer le tiroir à casserole (que je n’ai pas nettoyé depuis l’installation de la cuisine il y a …bref!). Et aussi, pas besoin de se déchaîner sur cette activité. Quelques demi-heures dans la journée, prendre le temps faire rien. Bon ok, une seule demi-heure? 😀

J’ai proposé ça à mon fils hier. Il m’a répondu: « et qu’est-ce qu’on va faire pendant ce temps? ». :)) J’ai dit « rien ». Et il m’a dit: « ah oui. c’est vrai que j’ai quelques instants cet après-midi avec mon téléphone où je zappais les applis en mode automatique sans même regarder. »

Alors essayons. Ni livre, ni téléphone, ni télé, juste … rien, je crois que c’est une activité saine.

Et pour nos amis qui sont au charbon à l’hosto ou au supermarché ou en livraison ou ailleurs, en sortant de là, quelques minutes, le temps de rien. C’est aussi cela la méditation.

Faire rien et laisser être, faire rien et accueillir, juste ça.

Prendre le temps, de faire rien.

Bon allez, je vous laisse. Je dois aller à Leclercq m’approvisionner.

Ps: promis après ça, je vais essayer de faire rien.

Quand ce sera fini

juste en parsva halasana 2020

Photo by Sarah Mc M.

Quand ce sera fini, est-ce que nous allons repartir comme … avant? Allons-nous repolluer plus fort? Ou nous enlacer et faire des bébés? Est-ce que l’économie repartira? Je n’en sais rien.

Quand on repartira, est-ce qu’on retournera faire les courses du magot? Et le jogging des fraises? Entendrons-nous encore les gens rire autour du barbecue? Dans quel état sera le jardin? Et comment sera mon demi-lotus? et mon périnée? Je n’en sais rien. Just practice.

Quand on sortira de là, est-ce qu’il y aura plus d’abeilles? Est-ce que les embouteillages reviendront? Est-ce que nous aurons encore des poubelles ?
Comment sera mon savasana? Je n’en sais rien. Just practice.

Quand nous aurons fini de compter nos morts, finirons-nous de les pleurer? Ma bedaine passera-t-elle encore la porte? Est-ce que je continuerais à observer la louche de la grande ourse le soir depuis le velux? Sera-ce l’heure du revenu universel de base? La fin de l’école en classe? Je n’en sais rien.

Je n’en sais rien.
Just practice.
Now.

Alerte: pas de panique! Bas les masques

bilan-sante-pasteur-lille

Photo: Voix du Nord.

Ce matin j’étais à l’Institut Pasteur de Lille, on pourrait dire la mecque des microbes. J’y allais pour le bilan de santé quinquennal. J’ai été surpris de voir que personne là-bas ne portait de masque.

En cette époque d’épidémie de coronavirus, c’est vraiment étonnant. Dans mon dernier billet, je nous encourageais à être solidaires, avec casques et gants,, pour ralentir la progression de l’agression. Aujourd’hui je voudrais vous partager ce que j’ai observé pendant 4h dans un service médical.

A ce bilan, nous étions une vingtaine de participants. Le principe du bilan santé: l’institut collecte des données régulièrement pour voir comment évolue notre santé au fil des ans: système cardiaque, système digestif, mensurations, vue, dentition, habitudes alimentaires, mode de vie… Bref l’état de santé général dans son contexte social. Et en contrepartie, nous recevons un sandwich et des conseils de la diététicienne. Et nous aidons la recherche!

J’ai rencontré le personnel d’accueil, des infirmiers, une diététicienne et un médécin. Et bien sûr mes collègues de bilan. J’ai pu observer que personne ne portait de masque. A part une infirmière qui a éternué (dans son coude), personne n’a toussé. Tout le personnel nous accueilli aimablement et normalement. A la mecque des microbes! J’étais surpris. Finalement, TOUT le monde n’est pas malade.

Et j’ai pu observer la schizo dans ma tête quand je regardais un collègue de bilan se servir à la fontaine à eau. « Il l’a touché avec ses doigts ». Et la machine à café, qui l’a touché avant moi? :)) Oui. C’est un peu comique.

Mon bilan est ok, je vous rassure! J’ai pris des centimètres (de hauteur) et ma vue s’est améliorée. (Ca mériterait un article ça, les transformations du Yoga). Et j’ai appris une leçon.

Certes nous avons des concitoyens malades. Certes il faut limiter la propagation et appliquer les consignes. Et certes, aussi, la schizo n’est pas obligatoire.

Prenez soin de vous mes ami.e.s, et de votre sérénité.

Ps: pour les curieux, ce bilan m’a été proposé par l’assurance maladie. Vous pouvez aussi initier la démarche en prenant rdv vous-mêmes.

Solidaires face à l’épidémie

En cette période d’épidémie virale, de tous les choix qui nous sont possibles, nous pouvons choisir d’être solidaires. Etre solidaires en tant qu’espèce, pour endiguer la propagation du virus. Sans se replier sur soi ou s’éviter les uns les autres, juste faire chacun sa part pour que l’outrecuidant progresse le moins possible. Bien sûr avec nos gants et nos casques. :))

Une grande partie de la difficulté de cette période vient de l’anxiété. Dans ces moments-là, j’utilise un remède efficace: pratiquer, de tout mon coeur. Essayez pour voir!

Et c’est peut-être aussi l’occasion d’observer notre vie. Qu’est-ce qui est important pour nous essentiel? Quelle est l’essence? Et peut-être nous pouvons lui dédier un peu plus de temps.

Pour ma part, l’important découle de l’essentiel. Et c’est, notamment, de pratiquer avec assiduité et dévotion. Et c’est aussi, de partager le message du Yoga.

Alors à vos tapis.

Conscience

Le sujet du yoga est la Conscience.
La méthode du yoga est la conscience.

La destination du yoga est la Conscience.
L’outil du yoga est la conscience.

Le yoga est Conscience.

Les AfroWaves, un Yoga au delà des apparences.

Un soir mon fils est venu me voir en disant « est-ce que je peux faire des waves« . Je réponds « c’et quoi ce truc? ». « C’est une coiffure ». « Ok vas-y ». C’est probablement une des meilleures décisions de ma vie. C’était il y a 2 mois. Aujourd’hui il a une coiffure que sa mère trouve jolie à regarder, les fois où il l’expose. Et sur le chemin, je pense qu’il a traversé le miroir. Parce que voyez-vous, voici le truc. Au début ça ressemble à un truc de coiffure, d’apparence, de futilité. Et à y regarder de plus près!!!

L’humilité. La plupart de son temps libre se passe avec foulard, surfoulard et bandeau, pour aider à mouler les waves. L’ensemble est quelque peu ridicule. Ce n’est pas vraiment l’idée que l’on se ferait de la classe. Et d’une certaine façon, ça apprend l’humilité.

La détermination. Pour que ça marche, il faut brosser. Et il brosse ce garçon. Tous les jours. Parfois 30mins, parfois 5 mins, il brosse. L’autre jour après le réveillon de Noël, à minuit trente, il faisait quoi à votre avis? Et bah oui, il brossait. Bras droit. Bras gauche. Je vous ai souvent parlé d’Abhyasa, pratique fervente. Ce garçon en fait la démonstration. Quelque soit le contenu de la journée, il y va. C’est cela la détermination.

L’attention. Il sait me dire: « je sens la différence quand je brosse en étant concentré et quand je suis en train de discuter avec des gars ». This is it. Un geste que je fais en étant présent a un résultat différent. Je n’ai rien à rajouter. C’est cela la pleine conscience qu’on veut cultiver, la méditation, l’Awareness. Avec sa brosse. C’est cela l’attention.

La régularité. Il m’a dit aussi « je me rends compte que j’ai beaucoup de matériel maintenant. Au début dans le tiroir il n’y avait qu’une brosse. Maintenant il y a 3 brosse, 4 foulards, des crèmes. Le tiroir est de plus en plus rempli. Je vais m’arrêter là. Les gens pensent que c’est le matériel qui fait, mais il faut brosser ». Je le regardais et j’étais abasourdi. Il me faut des années de Yoga pour apprendre cette leçon, lui il l’a apprise devant son miroir. Il n’y a pas de secret, pas de miracle. Ou plutôt c’est là le miracle, quand chaque jour je m’installe pour pratiquer. Avec régularité.

L’hygiène du corps. Peut-être avez-vous déjà essayé de vous brosser les cheveux pendant 3 minutes. Vous savez ce que ça fait au bras qui brosse. Pour tenir 30 minutes, ça demande forcément l’intelligence de relâcher les tensions inutiles, de simplifier son geste, de retourner à l’essentiel. C’est ce que nous essayons d’apprendre avec les asanas, la pratique posturale et corporelle.

L’étude. Il va sur Youtube et Insta. Il regarde les tutos. Etudie les techniques. Expérimentes et tire des enseignements. En langage yoguique, on parlera de svadhyaya.

En vrac quelques leçons que ce garçon du haut de ses 13 ans nous enseigne. Ce qui a commencé comme un désir d’être élégant à l’extérieur nous amène à cultiver l’élégance intérieure. Ce projet appraemment futile est, au final, une culture de la pleine conscience. C’est un merveilleux Yoga.

Happy practice!

Goutte

Je suis Goutte, singulière cellule entourée par la matrice.
Je suis Vase, habitacle des fluides.
Je suis Tube, entourant la matrice qui m’entoure.

Et Je suis Poisson, vertébré.
Et Je suis Reptile, rampant.
Et Je suis Mammifère, bondissant.

Je suis Humain, vertèbres debout.
Racines en terre, Tête dans les étoiles.

Je suis L’Entité.

Je suis un vase

chou et vase

Je suis un vase.
Je suis une poire.
Je suis un chou.
Je suis.

Que voient-ils de moi?
Que disent-ils que je suis?
Et vous, que dites-vous que je suis?
Et est-ce que ça change l’essence de ce que je suis?

Je suis un vase.
Je suis une poire.
Je suis un chou.
Je suis.