Ca se passe. Maintenant! La transformation

Ca se passe. Maintenant! La transformation.

J’ai passé cette journée de samedi à Moustier-en-fagnes. Pour aider Emmanuel et Sophie à planter 600 pieds d’arbustes d’espèces variées pour faire une haie bocagère. Le grand air, un soleil étincelant. J’étais avec mon fils et ma fille, la prochaine génération.

J’ai rencontré Pierre-Louis le paresseux, qui a ramassé 150kg de tomates dans sa petite serre de 9m de long, avec juste un arrosage par semaine. Et j’ai aussi rencontré Etienne l’indigène, qui sait que les que les arbres nous écoutent et que mon compliment aidera la belle racine d’églantier à prendre. Et aussi David  le stoïque, qui va passer les prochains mois à récupérer et à écouter. Et aussi d’autres humains. Vieux et jeunes, en train de cultiver le sens dans la terre et dans leur coeur.

Notre bien-aimée Neda déménage.

Il y a tout juste quelques jours, quelques-uns d’entre vous ont pris le temps d’explorer un fonctionnement  intuitif de l’épaule et de la ceinture scapulaire. 

Et même dans la nature. Le cerisier est en bourgeon dans le jardin.

Ca se passe. Maintenant! La transformation. Le monde bouge mes ami.e.s.

Alors, faites un pas. Grimpez sur votre tapis et changez le monde, une pratique à la fois. 

Les confidences de Fifi

herbe givrée

Bonjour, je suis Fifi le brin d’herbe.

Ma mère a été grillée par la sécheresse et rôtie par le soleil cuisant l’été dernier. J’ai vu la prairie se vider à mesure que l’hiver avançait. Où sont allées mes camarades? Nous sommes quelques unes restant de notre espèce.

Cette nuit il est tombé de la neige. Ok, juste un petit peu de givre. J’ai connu la neige moi! Celle qui vous couvre de partout, au point que les humains pensent que nous avons disparu. Ce matin je suis habillée de blanc, comme pour une cérémonie.

Ma copine de gauche n’aime pas le froid. Moi j’aime bien. Mais au final peu importe non? Car c’est ainsi. Nous les herbes, la neige nous tombe dessus. Les humains ont le feu. Les ours ont leur fourrure. Nous on a … notre nudité. Quand vient le gel, nous sommes … gelées jusqu’aux os.

Certaines d’entre nous connaîtront le dégel. Et quelques unes accueilleront les nouvelles au printemps. Ainsi va notre ronde.

Pourquoi pratiquons nous? Pourquoi les Asanas?

Lundi dernier, j’ai reçu un message de Suzie (prénom modifié) qui venait de pratiquer assidûment pendant 3 mois. Ca se terminait lyriquement: « Je reste perplexe sur la possibilité d’un jour débloquer mes hanches, mon bassin; d’étendre mes ischios courts et de ne plus entendre craquer mes genoux vieillissants. »

Alors je me suis interrogé: pourquoi? Pourquoi on se lève plus tôt le matin? Pourquoi on écourte les apéros? Pourquoi on tire et étire? Pourquoi on s’inflige cette discipline?

Plusieurs réponses me viennent. D’abord, je doute que rien ne change. C’est comme ça. L’expérience à montré ça. Tout ne change pas, mais toujours quelque chose change, y compris au niveau physique. Certes, entre hier et aujourd’hui, les changements sont invisibles, mais entre hier et le mois dernier, il y a au moins une mini évolution. C’est observé encore et encore.

Ensuite, il y a une réalité. Notre corps est manifestement destiné à la décrépitude. Donc les fonctions finiront par décliner, pour la vaste majorité des mortels. Certes. Alors autant entretenir le corps pour qu’il fonctionne le mieux possible le plus longtemps possible. Surtout si la durée de la vie se rallonge, non?

Quand nous pratiquons les asanas, nous sommes invités à explorer le fonctionnement de notre mouvement, la dynamique de l’articulation, l’axe et le sens des spirales. Les raccourcis toxiques que nous prenons parfois – en fait trèèèèèssss souvent, tout le temps – dans nos schémas automatiques, les fameuses compensations, sont alors exposées et explorées. Comme la fameuse rotation externe de l’humérus pour atteindre l’extension complète du bras. Nous pouvons alors arrêter de nous infliger de la destruction, de l’usure superflue. Et ça, c’est énorme.


Nous apprenons des stratégies optimales, en fait du bon sens, pour un mouvement économe en énergie. Comme utiliser le diaphragme pour respirer, ou coordonner le plancher pelvien pour une mobilisation efficace de la sangle abdominale. Vous croyez que la prostate et l’utérus en sont ravis? Bien sûr que oui!

Bon c’est bien beau tout ça mais c’est bénéfices secondaires.

Dans les asanas, nous cultivons un contact intime avec notre corps; nous développons une intimité avec notre perception. C’est là, dans la profondeur de cette perception que nous pouvons trouver la texture de la réalité. Pendant quelques instants, le temps s’arrête et ne reste que la conscience. C’est comme souvent les danseurs et les acrobates que nous regardons. Un instant, ils sont habités par la grâce. Cet instant de grâce, nous pouvons le toucher en nous même.

Nous pouvons rencontrer cette zone où les objectifs deviennent sans importance. Où seule importe la perception. Le contentement et le lâcher-prise nous rendent visite. Les difficultés et les douleurs ne sont plus nos ennemis ou des obstacles. Nous ne interrogeons plus sur l’existence de Dieu ou le sexe des anges. Le prêt bancaire n’a plus de prise sur notre esprit. Seule importe la perception Et nous trouvons un peu de paix, et ça, c’est un gain inestimable.

Avec nos enseignants, dans les cours et les stages, nous en avons un aperçu; avec notre pratique personnelle, nous en cultivons la maîtrise. L’occasionnel devient récurrent, l’exotique devient domestique.

Le Yoga, avec son ensemble de pratiques, est un système cohérent et éprouvé pour atteindre, selon eux, une espèce de béatitude. Peut-être. Mais ils ont compris que pour cela, le corps est, non pas un frein, mais un atout essentiel, et il faut faire la paix avec lui, dans la totalité de ce qu’il peut réaliser et être.

Ainsi la pratique des asanas, les postures, nous invite à la rencontre de ce corps; la pratique nous invite de passer de l’abandon à la découverte; ou de l’abus au respect. La pratique nous invite à la connaissance intime. Tout le monde, tout le monde peut ainsi en dériver des bienfaits. Peu importe qu’on ait des bras ou pas, valide ou handicapé, élastique ou raide, l’intimité avec nous-même est possible.

Alors, c’est légitime d’avoir des doutes sur quand est-ce-que les fruits seront mûrs. Mais n’ayez aucun doute sur le fait que les fruits arrivent. En fait ils sont déjà là. Continuez simplement de pratiquer.

La matériel pour pratiquer le Restorative Yoga à la maison

Selon la définition de Judith Lasater, « le Restorative Yoga est l’utilisation de supports pour installer le corps dans des positions de confort et d’aisance afin de favoriser la santé ». Donc, la pratique du Restorative nécessite du matériel. Ces jours nous sommes amenés à pratiquer chacun chez soi, alors je vais vous donner deux listes: un liste avec du matériel solide pour les pratiquants récurrents; ce matériel nécessite un certain investissement. Et une autre liste avec du matériel disons de dépannage, parce qu’on peut toujours se relaxer en profondeur!

Alors c’est parti.

Le matériel standard

En plus de votre tapis:

  • 2 briques
  • 1 sangle
  • 1 bolster. 2 c’est mieux
  • 5 couvertures (ou plus)
  • 1 chaise « de yoga » (sans la barre en bas)
  • 1 coussin pour les yeux (optionnel)

Où trouver tout ça? Fouillez, testez! Pour ma part, j’aime bien le matériel de kurma. Et pour les bolsters, il n’y a pas mieux que le kapok. En fait, le reste vous abandonnera assez vite. Cherchez bolsters en kapok ou même fabriquez-en vous même. J’ai essayé, c’est faisable. Pas exactement fun, mais faisable.

La matériel de fortune

Alors, ici on cherche des alternatives au matériel standard. On essaie d’utiliser créativement les objets du quotidien. Même les adeptes réguliers peuvent s’en servir quand ils sont en voyage.

  • 1 plaid pour se couvrir
  • 1 serviette de bain et 2 serviettes essuie-main
  • 1 écharpe (cotton de préférence)
  • 1 dictionnaire
  • 1 paquet de 2 rouleaux essuie-tout COMPACT. Ne pas ouvrir le paquet.
  • Pour suppléer au bolster: 1 de ces édredons ferme qu’ils utilisaient dans le temps. Sinon 3 paquets de 2×2 rouleaux papier-toilette COMPACT. Il y a 4 rouleaux dans le paquet, en 2 rangées et 2 colonnes. Ne pas ouvrir! Pour les personnes de grande taille, prendre 1 paquet supplémentaire! On peut aussi tenter de rouler une couette dans la forme d’un édredon et la serrer dans un sac.
  • Une chaise que vous avez

Voilà. C’est le minimum syndical. Happy practice!

C’est mathématique!

enfant au tableau mathématiques

Du moins, je crois. L’autre jour, jeudi il y a 15 jours si je ne m’abuse, tandis que la douche coulait, je me suis dit « mais oui! ». Le genre révélation, ou plutôt confirmation d’une intuition. Ca concerne notre pratique, et plus précisément comment la régularité augmente la valeur de nos efforts. Voyez plutôt.

Disclaimer: avant de commencer, je précise que tout ceci est une théorie fumeuse issue d’un esprit dérangé par une douche. A prendre avec des pincettes! A bon entendeur…

Nota: le texte est long. Prenez votre temps!

Au commencement: la valeur brute

Alors commençons par parler de la valeur faciale – si l’on puis dire – de notre séance de pratique. Je pratique chez moi, ou je suis guidé et corrigé par un prof, ou je travaille avec un audio… Marie-Laurence nous dit:

Difficile de décrire cet état de plénitude et de sérénité que je ressens à la fin des cours.
Marie-Laurence D.

Mais alors, nous sentons bien que l’effet n’est pas toujours le même selon les séances. Alors, ça dépend de quoi? Fortement de mon attention, de ma curiosité, parfois du temps passé, ou plutôt de la continuité de mon attention. Et de quelques catalyseurs comme la qualité de l’enseignement, un peu de l’énergie du groupe, de l’ambiance de la salle, la saveur de l’encens… Yes sure.

Ceci explique pourquoi on peut avoir l’impression que certaines séances sont top et d’autres… bref. Et c’est comme ça qu’on peut se retrouver à dire « C’est pas pareil quand je suis tout seul« . Certes.

Donc, si on se résume, la valeur « brute » d’une séance serait quelque chose du genre

où f serait une moulinette cryptée.

C’est là que les mathématiques nous rajoutent deux facteurs intéressants.

First. La rémanence.

Comme si chaque séance de mon passé continue d’avoir une image résiduelle. J’ai appris des choses. Plus c’est éloigné dans le temps, plus l’image est floue, mais l’image est quand même là. Vous sortez du massage, les muscles de la nuque ont été malaxés copieusement, et ils s’en souviennent. Le lendemain, peut-être la sensation est un peu moins vive. La semaine d’après il n’y plus de sensations, mais si je passe le doigt, un souvenir se réveille. Et dans un moins, il ne reste plus qu’une trace subtile. Mais une trace quand même! Une trace dont la vivacité diminue avec le temps. C’est exactement idem avec notre pratique.

Donc Après la séance de ce matin, en réalité,

Hey! Ca commence à devenir intéressant. Le bonus n’est pas énorme à priori, mais … il peut se cumuler. Et ça change tout. Chaque seconde que je passe sur mon tapis compte! Aucune n’est perdue, même si je m’arrête pendant 100 ans. Chaque seconde a un impact dans la balance. Chaque seconde sur mon tapis laisse un trace pour le futur. Et ce n’est pas tout.

Second. La résonance.

La régularité. C’est alors là que la véritable magie s’opère.

Pourquoi ils disent « c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas? » Aha!

Quand j’arrive dans une nouvelle maison. Après la première nuit, je tatônne pour trouver l’interrupteur. Et après j’ouvre bien les yeux pour aller jusqu’aux toilettes. La deuxième nuit, j’allume encore l’interrupteur, mais déjà j’ouvre moins les yeux. A la fin de la première semaine, je peux aller aux toilettes les yeux fermés. A la fin de la deuxième semaine, je maîtrise tellement que j’arrête me lever la nuit 🤣 lol.

En réalité s’opère un phénomène de résonance. Et plus je maintiens la récurrence, plus l’effet de la résonance augmente. C’est comme le beurre que je mets à feu très doux qui finit par fondre et bouillir si je maintient la régularité de l’apport de chaleur; la chaleur résonne de plus en plus et la transformation s’opère, j’obtiens le ghee, ce nectar au parfum de noisette vénéré par delà l’Himalaya.

C’est comme la goutte d’eau qui finit par fissurer la roche. Ou la note La qui finit par exploser la cellule cancéreuse. Quand vous frappez la corde de guitare, le son monte… et puis descend. Si vous refrappez, le son revient. Et si on garde le rythme, on n’a plus un son abandonné somewhere, mais une musique! Et subitement les gens à côté se mettent à taper du pied, à danser…

Ok. Je dis différemment. Vous êtes dans un groupe, disons 20. Quelqu’un dit un truc du genre « Nous devons perservérer, être prudents et continuer à pratiquer, car c’est comme cela que nous construirons un monde meilleur ». Vous vous dites « ouais bof, je n’y crois plus trop ». Pourtant, un premier applaudit. Puis un deuxième. Puis ils sont 5, 15. Finalement vous vous retrouvez à applaudir. Et en quelques minutes toute la salle bat à l’unisson. Pourquoi? La résonance. Faible au début, elle se nourrit d’elle même, devient de plus en plus forte et effective. C’est là la transformation!

Alors en termes mathématiques, je me retrouve avec une espèce de bonus de continuité. Comme si la séance d’aujourd’hui est bonifiée par la continuité des efforts précédents.

Donc oui, la séance d’aujourd’hui, comme celle de tous les autres jours lambda, à l’air anodine, sans rien d’exceptionnel en apparence. Sauf que!

L’histoire – farfelue – de Krista

Krista – un personnage de fiction – après plusieurs décennies d’une vie harrassante décide, par un beau matin d’automne, de tester le yoga pour se sentir un peu mieux. Elle assiste à un cours avec disons, Juste. Dans ce cours elle fait ce qu’elle peut, et à la fin, elle ressent un peu de soulagement. Ravie, elle se trouve à essayer quelques trucs chez elle le lendemain matin. Elle a l’impression que ça n’a pas fait autant de bien qu’hier soir, en plus elle est débutante et tout et tout. La réalité, c’est que, dans ces 10 minutes du matin, elle a quand même reçu un bien.

Il y a un microscopique chouya de valeur résiduelle de la séance d’hier et comme il y a de la continuité, il y a un peu de bonus. Mais c’est vraiment minime. La semaine se termine. Krista ne pratique pas davantage. Elle se dit: « ah j’ai vu qu’il fait un stage ce weekend; je suis dispo je vais y aller ». Et voilà Krista embarquée dans un stage de 2 jours. Pour elle, c’est simplement whaou. il n’y a pas de mots. Certes sa dernière pratique date de mardi dernier, mais ca suffit à lui donner un surcroit de curiosité pendant le stage, ce qui résulte en un surcroit d’effets du stage: l’effet bonus.

Semaine 2. Le train train reprend.

Observons que même les jours où Krista ne pratique pas, il y a quand une valeur résiduelle une certaine dose de mieux-être que lui a laissé la pratique. Mais bon, soyons sincère, ce sont des doses vraiment microscopiques. Jeudi Krista sent l’élan de pratiquer, peut-être parce que bizarrement ses lombaires la lancent à nouveau. Une dizaine de minutes et elle ressent un certain mieux. Allez, samedi elle essaie de suivre une vidéo Youtube qui explique disons le chier tête en bas. Hey! Ca fait déjà deux fois cette semaine. Tout ça c’est encore débutant, donc les effets sont basiques mais ça fait une pièce de plus dans le pot.

Semaine 3. C’est décidé.

Ce truc me fait du bien. Je vais lui consacrer du temps. Je vais prendre un cours chaque semaine et pratiquer le soir après le boulot. Mais c’est le confinement. Tant pis. Je vais quand même me faire accompagner. Je vais faire les cours sur zoom avec Juste. Krista est motivée et attentive, alors sa curiosité lui donne une grande profondeur dans son cours. Et dès le lendemain, elle va sur son tapis en solo. En plus de sa séance, l’effet de ses efforts des jours précédents commence à être conséquent. Elle persévère jusque vendredi. Samedi c’est le weekend, elle prend un break.

La semaine 4. La fleur apparaît.

Le cours reste le même. Mais Ô miracle! Ô joie! Ô bonheur! Grâce à l’assiduité de sa pratique, le lien se fait entre disons la posture et la relaxation. Et l’effet du cours se trouve avoir un « bonus » de 30%. Dès le lendemain, Krista retourne sur son tapis en solo. Certes tous les jours ne sont pas pareils, mais Krista sent qu’elle a passé un palier et même certaines séances se rapprochent de l’effet d’un cours. Yes!

Semaine 5 elle commence à sentir un peu plus de maîtrise. Un nouveau champ de curiosité s’ouvre. Elle refait même un stage d’un journée. En semaine 6, pof, ça s’épanouit. En regardant les courbes, notons que l’essentiel du jackpot vient du bonus de continuité! En semaine 7, Krista ressent du mieux dans son corps, et surtout une plus grande sérénité dans ces temps d’incertitudes. En comparant sa première solo en semaine 1 et celle de ce matin, en passant du simple au triple, elle se rend compte qu’elle a cultivé une force. Quand elle se souvient de comment elle était en semaine 0, elle est émue par la richesse de sa transformation. Et elle est émue par ce qui l’attend. Elle va continuer à pratiquer. Elle en est persuadée, le jeu en vaut la chandelle.

Alors on fait quoi?

Uniquement des stages intensifs ? Ou seulement des cours hebdomadaires? Ou juste pratiquer seul? Faites comme vous voulez, moi je prends tout mon capitaine. Le travail que je fais seul sur mon tapis permet à l’enseignement du prof d’être mieux révélé, ce qui me permet d’atteindre d’autres profondeurs quand je reviens dans mon labo.

Une feuille seule de papier ne vaut apparemment rien, une microscopique goutte d’eau dans l’océan. 500 feuilles ensemble, ça fait une rame. AUssi solide qu’une brique, capable de fracasser des obstacles et de supporter une énorme charge.

Bon bref, trêve de phantasmagories pseudo-mathématiques. Il est temps de pratiquer!

Lève-toi et pratique!

Juste en Vrkasana sur une souche d'arbre

Les nouvelles se succèdent. Certes il y a des trucs joyeux. Et il y a aussi pas mal de trucs frustrants, décevants (on a le droit de dire « mauvaises » nouvelles?). Ça s’accumule. Ok, disons le. Ce Covid qui s’infiltre partout, sans être invité, grrrrrr. Et je suis fatigué.

Les masques obligatoires partout tout le temps, les rendez-vous de Bruxelles qui sont dématérialisés (juste le mot ça fait froid dans le dos), la frilosité des élèves, encore une fois les déplacements restreints… Ok je m’arrête là pour la liste.

Pour sûr je suis touché. L’expression dit « les bras m’en tombent ». Je suis touché mais pas dévasté. Je suis touché mais pas démoli. Je suis touché, mais pas autant que ça aurait pu l’être par le passé.

La posture influence l’humeur

En lisant Baird Hersey ce matin, dans son livre « The practice of Naada Yoga » je me suis reconnu. Ecoutez plutôt:

La psychologie contemporaine établit une équivalence entre notre état émotionnel et notre posture. Si nous nous sentons « down », nos épaules et notre colonne vertébrale sont souvent voûtés, la tête jetée en avant, les yeux vers le bas… En changeant notre posture physique nous pouvons changer notre état émotionnel. Si nous nous sentons « down », simplement en redressant les épaules et la colonne vertébrale, en redressant la tête, et en soulevant le regard, nous pouvons déjà influencer notre humeur. Le corps envoie le message au cerveau: Je suis dans la position « humeur sereine ». Le cerveau répond en commençant à se sentir bien.

La poussière excitée s’agite… et retombe

Et peut-être qu’il y a aussi un peu de ce phénomène comme on peut voir en cymatique. Soumises à une vibration, les particules de sable s’agitent et expriment une forme. La vibration s’arrête, et les particules retombent comme s’il n’y avait jamais rien eu.

Nigel Stanford on Youtube

Jeff Volk l’a exprimé ainsi (je n’ai pas eu le cœur de le traduire):

Once you have objectiviley seen how a stable structure (say, a formation in fine powder on a vibrating steel plate), can dissolve into chaos, but then in just a matter of seconds, re-configure itself into a more complex and finely ordered form, you might just be able to view your own tumultuous circumstances a bit more objectively (and with far less apprehension!) as a purposefully evolving process leading toward greater personal coherency and equanimity.

Alors je suis reconnaissant pour toutes ces minutes passées sur le tapis. Et j’y retourne, encore.

Happy Practice!

Just for fun

Mes amis de l’ALC de Phalempin ont souhaité mettre des vidéos des animateurs sur leur site, histoire de compenser un peu les essais qui n’ont pas pu avoir lieu.

Je me suis plié au jeu, avec l’aide ma fille, en version … bref, regardez; ça dure 2 minutes.

PS: vous avez le droit de rigoler.

Reprise des Ateliers avec un protocole aménagé

Les autorités sanitaires nous offrent la possibilité de reprendre une pratique collective, dans les salles qui choisissent de réouvrir. C’est merveilleux. Nous voulons pratiquer et nous voulons que tous restent en bonne santé.

Donc je vais reprendre les ateliers en présentiel, avec des aménagements à nos habitudes.

Les dispositions sanitaires pour nos ateliers

  • Vestiaires: vous arrivez déjà en tenue; les vestiaires ne seront pas disponible
  • Participants: chaque participant disposera de plus de 4m² au sol. Les places sont donc limitées. Pour les ateliers à l’espace Wuwei, il y aura 9 places disponibles contre 17 auparavant.
  • Contacts: les contacts tactiles sont exclus, entre tous les participants, y compris le prof.
  • Matériel: chaque participant ramène tout le matériel dont il a besoin: tapis, sangle, briques (ou dictionnaires), couvertures,… Ps: les adeptes de l’ALC sont habitués, c’est un coup à prendre.
  • Civisme: chaque participant est invité à pratiquer les gestes barrière pendant tout le temps de présence dans les locaux. Et en cas de symptômes ou même de doutes, il est recommandé de ne pas venir pour protéger les autres. Dans ce cas, les frais seront intégralement remboursés.
  • Nettoyage: du gel hydro est mis à disposition à l’entrée, dans les sanitaires et dans la salle.

Avec ça, on va essayer de se focaliser sur le but de notre pratique: cultiver l’intimité avec nous même; et peut-être toucher à un instant de béatitude.

A bientôt.

Alerte: pas de panique! Bas les masques

bilan-sante-pasteur-lille

Photo: Voix du Nord.

Ce matin j’étais à l’Institut Pasteur de Lille, on pourrait dire la mecque des microbes. J’y allais pour le bilan de santé quinquennal. J’ai été surpris de voir que personne là-bas ne portait de masque.

En cette époque d’épidémie de coronavirus, c’est vraiment étonnant. Dans mon dernier billet, je nous encourageais à être solidaires, avec casques et gants,, pour ralentir la progression de l’agression. Aujourd’hui je voudrais vous partager ce que j’ai observé pendant 4h dans un service médical.

A ce bilan, nous étions une vingtaine de participants. Le principe du bilan santé: l’institut collecte des données régulièrement pour voir comment évolue notre santé au fil des ans: système cardiaque, système digestif, mensurations, vue, dentition, habitudes alimentaires, mode de vie… Bref l’état de santé général dans son contexte social. Et en contrepartie, nous recevons un sandwich et des conseils de la diététicienne. Et nous aidons la recherche!

J’ai rencontré le personnel d’accueil, des infirmiers, une diététicienne et un médécin. Et bien sûr mes collègues de bilan. J’ai pu observer que personne ne portait de masque. A part une infirmière qui a éternué (dans son coude), personne n’a toussé. Tout le personnel nous accueilli aimablement et normalement. A la mecque des microbes! J’étais surpris. Finalement, TOUT le monde n’est pas malade.

Et j’ai pu observer la schizo dans ma tête quand je regardais un collègue de bilan se servir à la fontaine à eau. « Il l’a touché avec ses doigts ». Et la machine à café, qui l’a touché avant moi? :)) Oui. C’est un peu comique.

Mon bilan est ok, je vous rassure! J’ai pris des centimètres (de hauteur) et ma vue s’est améliorée. (Ca mériterait un article ça, les transformations du Yoga). Et j’ai appris une leçon.

Certes nous avons des concitoyens malades. Certes il faut limiter la propagation et appliquer les consignes. Et certes, aussi, la schizo n’est pas obligatoire.

Prenez soin de vous mes ami.e.s, et de votre sérénité.

Ps: pour les curieux, ce bilan m’a été proposé par l’assurance maladie. Vous pouvez aussi initier la démarche en prenant rdv vous-mêmes.