Pourquoi ça s’appelle une Pratique?

dhanurasana in halasana
L’arc dans la charrue. Posture hybride.

Vous le savez certainement, le Yoga peut matérialiser des miracles de transformation, avec la nécessité que nous pratiquions régulièrement. Pour le peu d’années que j’ai pratiqué, cette notion d’assiduité m’a apporté tant de bienfaits. Dans mes cours, mes ateliers, mes articles, de tout mon coeur, mon exhortation est unique: mettez en place une pratique assidue et intelligente. Tout le reste suivra. Et alors, hier…

J’ai commencé le bouquin Nada Yoga de Baird Hersey. Pendant que je parcourais rapidement la préface, d’un certain Krishna Das, j’ai été estomaqué par un ce paragraphe. Je vous le laisse en anglais d’abord:

It is called practice because you’ve got to do it. You’ve got to do it when you feel like doing it. You’ve got to do it when you don’t feel like doing it. Because if we only follow our superficial likes and dislikes, we’ll never get beyond them. Practice is something we have to do regularly over a period in time in order to relax into a deeper shape, a more real space that lives within us. The best practice is the one that you will do and continue to do because you have to do it.

Krisna Das, in Foreword of Nada Yoga, 2014

Et une traduction approximative pour non-anglophiles:

On l’appelle une pratique parce que vous devez le faire. Vous devez le faire quand vous sentez que vous en avez envie. Vous devez le faire quand vous sentez que vous n’en avez pas envie. Parce que si on suit uniquement nos attirances et dégoûts superficiels, nous n’irons jamais au-delà. La Pratique est quelque chose que nous devons faire régulièrement pendant une période de temps afin d’épanouir une forme plus profonde, un espace plus réel qui vit en nous. La meilleure pratique est celle que vous allez faire et continuer à faire parce que vous devez le faire.

Voilà mes amis. Je n’ai rien à rajouter.

Happy pratice!

Promesse de cerise

cerise de mai
Shot by Dave

Qu’est-ce qui la rend si spéciale?

Est-ce l’état de santé du photographe? Peut-être.
Est-ce, à l’ère de l’obsolescence programmée, cet appareil vieux de 5 ans? Peut-être.
Est-ce la vigueur de la promesse de cette cerise d’avant-saison? Peut-être.
Est-ce le fait que cette cerise s’épanouit en dépit de nos virus et nos peurs? Peut-être.
Est-ce la qualité de l’effet vignettage ou la mise en scène avec le cerisier en arrière plan? Peut-être.
Est-ce juste le fait que la prise soit particulièrement réussie? Peut-être.

Est-ce tout ça à la fois? Quoiqu’il en soit, ça promet quelques cerises cette saison.

Bonne dégustation.

Continuité pédagogique: pour aller plus loin

salle de classe vide

Si vous avez une pratique personnelle établie depuis quelques mois, ou même quelques semaines, vous savez alors que nous sommes au-delà d’une gymnastique. Dans notre précédent article article, nous avons étudié comment démarrer une pratique régulière. Voyons ensuite comment vous pouvez aller plus loin.

Persévérez

Tout d’abord, continuez de travailler avec l’audio comme nous l’avons évoqué dans l’article précédent, genre une fois par semaine! Savourez chaque millimètre de progrès. Félicitez-vous!

Avec le temps, votre niveau d’attention augmente. Et plus vous êtes attentif, plus vous êtes à l’écoute des sensations, des messages que le corps vous envoie, et plus l’intelligence peut éclairer votre pratique. Faites vous confiance.

Ce livre m’a beaucoup aidé

Et ensuite, la « bible ». :)) . J’ai déjà eu l’occasion d’évoquer ce livre dans les cours. Il dissèque l’état d’esprit du yoga, les postures fondamentales, et il s’adresse à un esprit occidental, rationnel. Si vous êtes sérieuse / serieux avec votre pratique, vous devez l’étudier. Pas le lire, l’étudier. Il s’agit bien sûr de « J’apprends le yoga » d’André Van Lysebeth.
C’est une excellente initiation. Je compte pas moins de 8 éditions pour ce livre sorti pour la première fois en 1968! Prenez le neuf si vous en trouvez, sinon d’occasion. Et étudiez le. Petit à petit vous allez intégrer la fameuse Série Rishikesh.

Devenir explorateur

Et progressivement, vous identifiez des secteurs de la pratique où vous êtes dirons-nous « en déficit ». Vous pouvez chercher à les approfondir et là, la recherche internet ciblée pourra vous apporter des pistes. Vous essayez, vous explorez. Vous devez des explorateurs. Et bien sûr, vous interrogez votre prof de yoga bien aimé.

Et ne vous vous inquiétez pas pour les cours physiques. Je vous partage ma propre expérience: plus je pratique par moi-même, plus j’apprécie de pratiquer régulièrement avec mes enseignants.

Just practice!

Continuité pédagogique

salle de classe vide

Vous le savez, vous l’avez expérimenté, vous le ressentez. La pratique du Yoga fait du bien à l’esprit et au corps. Alors comment pratiquer pendant ce confinement, pendant les semaines et les mois qui arrivent où nous serons sans prof à nos côtés? Je parle d’une pratique intelligente, efficace et régénérante.

La clé: le rendez-vous

A un niveau fondamental, il faut prendre un rendez-vous. C’est basique, et c’est essentiel. Vous prenez un rdv avec vous-même. Vous l’honorez et les membres de votre foyer l’honorent également. Profiter de votre confinement pour installer un rdv quotidien. Peut-être à la même heure chaque jour ! Et au moins 5 fois par semaine.

Préférez l’audio

Ensuite le contenu de votre pratique. Quand on démarre, c’est bien d’être guidé. Cette voix extérieure nous ramène peu à peu à retrouver notre voix intérieure, à la reconnaître et à l’écouter. De toutes les options possibles, je conseille vivement, chaleureusement, un enregistrement audio que vous avez téléchargé sur votre téléphone. Et comme ça, quand vous pratiquez, pendant ce créneau si précieux, vous êtes en mode avion, sans Facebook, Snap ou autres whatsapp. Pas de messages ni de partages. Ils reprendront après, sans soucis. Il n’y a même pas de vidéo pour vous distraire. Juste pendant ce temps, pendant votre temps, vous vous donnez les moyens d’être attentif.

Un des meilleurs enregistrements que je connaisse pour démarrer est celui-ci . Ne méprisez pas la voix douce et le rythme lent. Cette pratique est très efficace. Et vous apprendrez l’état d’esprit de la pratique: stabilité et aisance. Personnellement, j’ai utilisé ça pendant un an. L’audio dure une trentaine de minutes. Si vous faites ça 3 fois / semaine je serais très heureux.

5 fois par semaine

Donc on dit pratique 5 jours sur 7; 3 fois avec l’enregistrement. Et les 2 autres fois: pratique libre. Faites ce qui vous fait envie. Ce dont vous vous souvenez. La sangle allongé sur le dos [supta padanghustasana], la vague vertébrale, quelques postures debout, le chien, la chandelle…. Si vous avez un bolster utilisez-le. Ce que nous avons étudié dans les Atelier Restorative Yoga, cela vous appartient.

Des backbends, actifs comme sur la photo, ou reposé avec une brique. Ouvrez cette poitrine, malgré la peur, et laissez l’air entrer.

Pendant ces séances libres, vous explorez librement ce qui vous vient, dans le respect de vos capacités. Et vous terminez par au moins 10 mins allongé en savasana! Croyez-moi sur parole, c’est essentiel!!!!

Et voilà. 5 séances par semaine. Vous pourrez rajouter une pour les plus enthousiastes.

Alors on essaye? Allez-y. Vous pouvez me partager vos difficultés, vos réussites, et vos questions. Je suis là pour vous.

Et si vous voulez, vous pouvez vous inscrire pour un entretien individuel de suivi.

Je vous souhaite un très bon amusement!

Le temps de rien

Sur un transat au parc Saint-Pierre à Amiens

Semaine #4 de confinement. Comme beaucoup, mes obligations extérieures sont réduites au strict minimum. Et donc je suis censé avoir plus de temps, en théorie.

Sauf que! Je me rends compte que je m’active. Sans se presser, mais je m’active. Entretien, pratique, lecture, fifa avec le fiston, solfège avec la fillette, activités avec les deux, heure de sortie quotidienne (…dans la limite de 1km autour du domicile…), et bien sûr, ils veulent leur film le soir. Impossible de se coucher avant 23h30!

Un gars sympa a dit: « le travail éloigne de nous trois grands maux: l’ennui, le vice et le besoin ». Donc en quelque sorte, c’est important de garder du rythme dans nos journées, surtout pour nous qui vivons le confinement à la maison.

Cela dit, un autre gars sympa, un chat paraît-il, a dit aussi: « quand il n’y a rien à faire, il suffit de ne rien faire. Et tout est fait ». Celle-ci je l’adore. Elle m’a sauvé de la folie à une époque.

Le chat de Geluck. Quand il n'y a rien à faire.
Le Chat de Geluck

Au final, je crois que c’est sympa de nettoyer le tiroir à casserole (que je n’ai pas nettoyé depuis l’installation de la cuisine il y a …bref!). Et aussi, pas besoin de se déchaîner sur cette activité. Quelques demi-heures dans la journée, prendre le temps faire rien. Bon ok, une seule demi-heure? 😀

J’ai proposé ça à mon fils hier. Il m’a répondu: « et qu’est-ce qu’on va faire pendant ce temps? ». :)) J’ai dit « rien ». Et il m’a dit: « ah oui. c’est vrai que j’ai quelques instants cet après-midi avec mon téléphone où je zappais les applis en mode automatique sans même regarder. »

Alors essayons. Ni livre, ni téléphone, ni télé, juste … rien, je crois que c’est une activité saine.

Et pour nos amis qui sont au charbon à l’hosto ou au supermarché ou en livraison ou ailleurs, en sortant de là, quelques minutes, le temps de rien. C’est aussi cela la méditation.

Faire rien et laisser être, faire rien et accueillir, juste ça.

Prendre le temps, de faire rien.

Bon allez, je vous laisse. Je dois aller à Leclercq m’approvisionner.

Ps: promis après ça, je vais essayer de faire rien.

Solidaires face à l’épidémie

En cette période d’épidémie virale, de tous les choix qui nous sont possibles, nous pouvons choisir d’être solidaires. Etre solidaires en tant qu’espèce, pour endiguer la propagation du virus. Sans se replier sur soi ou s’éviter les uns les autres, juste faire chacun sa part pour que l’outrecuidant progresse le moins possible. Bien sûr avec nos gants et nos casques. :))

Une grande partie de la difficulté de cette période vient de l’anxiété. Dans ces moments-là, j’utilise un remède efficace: pratiquer, de tout mon coeur. Essayez pour voir!

Et c’est peut-être aussi l’occasion d’observer notre vie. Qu’est-ce qui est important pour nous essentiel? Quelle est l’essence? Et peut-être nous pouvons lui dédier un peu plus de temps.

Pour ma part, l’important découle de l’essentiel. Et c’est, notamment, de pratiquer avec assiduité et dévotion. Et c’est aussi, de partager le message du Yoga.

Alors à vos tapis.

Les AfroWaves, un Yoga au delà des apparences.

Un soir mon fils est venu me voir en disant « est-ce que je peux faire des waves« . Je réponds « c’et quoi ce truc? ». « C’est une coiffure ». « Ok vas-y ». C’est probablement une des meilleures décisions de ma vie. C’était il y a 2 mois. Aujourd’hui il a une coiffure que sa mère trouve jolie à regarder, les fois où il l’expose. Et sur le chemin, je pense qu’il a traversé le miroir. Parce que voyez-vous, voici le truc. Au début ça ressemble à un truc de coiffure, d’apparence, de futilité. Et à y regarder de plus près!!!

L’humilité. La plupart de son temps libre se passe avec foulard, surfoulard et bandeau, pour aider à mouler les waves. L’ensemble est quelque peu ridicule. Ce n’est pas vraiment l’idée que l’on se ferait de la classe. Et d’une certaine façon, ça apprend l’humilité.

La détermination. Pour que ça marche, il faut brosser. Et il brosse ce garçon. Tous les jours. Parfois 30mins, parfois 5 mins, il brosse. L’autre jour après le réveillon de Noël, à minuit trente, il faisait quoi à votre avis? Et bah oui, il brossait. Bras droit. Bras gauche. Je vous ai souvent parlé d’Abhyasa, pratique fervente. Ce garçon en fait la démonstration. Quelque soit le contenu de la journée, il y va. C’est cela la détermination.

L’attention. Il sait me dire: « je sens la différence quand je brosse en étant concentré et quand je suis en train de discuter avec des gars ». This is it. Un geste que je fais en étant présent a un résultat différent. Je n’ai rien à rajouter. C’est cela la pleine conscience qu’on veut cultiver, la méditation, l’Awareness. Avec sa brosse. C’est cela l’attention.

La régularité. Il m’a dit aussi « je me rends compte que j’ai beaucoup de matériel maintenant. Au début dans le tiroir il n’y avait qu’une brosse. Maintenant il y a 3 brosse, 4 foulards, des crèmes. Le tiroir est de plus en plus rempli. Je vais m’arrêter là. Les gens pensent que c’est le matériel qui fait, mais il faut brosser ». Je le regardais et j’étais abasourdi. Il me faut des années de Yoga pour apprendre cette leçon, lui il l’a apprise devant son miroir. Il n’y a pas de secret, pas de miracle. Ou plutôt c’est là le miracle, quand chaque jour je m’installe pour pratiquer. Avec régularité.

L’hygiène du corps. Peut-être avez-vous déjà essayé de vous brosser les cheveux pendant 3 minutes. Vous savez ce que ça fait au bras qui brosse. Pour tenir 30 minutes, ça demande forcément l’intelligence de relâcher les tensions inutiles, de simplifier son geste, de retourner à l’essentiel. C’est ce que nous essayons d’apprendre avec les asanas, la pratique posturale et corporelle.

L’étude. Il va sur Youtube et Insta. Il regarde les tutos. Etudie les techniques. Expérimentes et tire des enseignements. En langage yoguique, on parlera de svadhyaya.

En vrac quelques leçons que ce garçon du haut de ses 13 ans nous enseigne. Ce qui a commencé comme un désir d’être élégant à l’extérieur nous amène à cultiver l’élégance intérieure. Ce projet appraemment futile est, au final, une culture de la pleine conscience. C’est un merveilleux Yoga.

Happy practice!

Mauvaises nouvelles?

Cette semaine, j’ai reçu une mauvaise nouvelle. Mon frère Dave préparait sa réorientation professionnelle depuis 18 mois. Il avait ciblé un master, réussi les entretiens etc etc. Il restait l’ultime étape: le visa. Et là, après des semaines de paperasse, de pré-entretiens, d’entretiens et d’attente, ils ont dit non.

Ça m’a beaucoup touché, dégoûté même. Toute une soirée à me lamenter comme un enfant. Où est le rapport avec le Yoga me direz-vous? Où est le rapport avec la paix intérieure?

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